TECHNIQUES ASCOCIEES AU CROCHETAGE

De nouvelles techniques ont ete crées dans le but :
d aborder les fascias profonds
de mobiliser les plans de glissement liberés par le crochetage
-de liberer les muscles inaccessibles de par leur situation anatomique


TECHNIQUES ASCOCIEES AU CROCHETAGE
LA LIBERATION INTER-TISSULAIRE PASSIVE LIP


La technique est issue de differentes techniques canadiennes et americaines apprises lors de formations post graduates (j'enseigne des techniques d'etirement avec fixation musculaire specifique depuis 2002),de fructueuses discussions entre formateurs passionnés et de mes recherches pour potentialiser les effets du crochetage et ameliorer le glissement intertissulaire permis par le MDCAS
Elle consiste à effectuer un point fixe manuel sur le muscle en course interne en direction de l incertion proximale puis placer celui-ci passivement en course externe. Cela entraine un glissement entre le muscle concerné et les muscles adjacents ainsi qu'avec les élements tissulaires du plan sous jacent.
La restriction tissulaire peut provoquer également ,en fonction du cas clinique,un étirement intrinsèque du corps musculaire lors de l'allongement passif.

La technique peut-être répétée plusieurs fois en déplacant la restriction tissulaire dans le sens proximo-distal.

La libération inter-tissulaire passive se pratique essentiellement après avoir effectué le crochetage, afin d'en potentialiser ses effets sur les plans de glissement.
Elle peut aussi,en fonction du bilan,s'intégrer dans le protocole de traitement avant un étirement ou une libération de chaîne musculaire afin de libérer les points de fixation responsables des pertes de mobilité.

Elle permet d'accéder spécifiquement aux plans fasciaux profonds dans lesquels se trouvent les éléments vasculo-nerveux. C'est donc une technique de choix dans le traitement des neuropathies périphériques (sciatalgies, cruralgies, nerf médian...)

Elle provoque accessoirement un etirement specifique du muscle concerné notamment quand le therapeute ne peut pas mobiliser dans les amplitudes articulaires maximales (après entorse, LCA...)

EXEMPLE : LIBERATION INTER-TISSULAIRE PASSIVE DU DROIT FEMORAL

Sujet assis ou couché, genou en extension.
Le praticien effectue un point fixe sur le droit fémoral en direction de l'EIAI puis il place passivement le genou en flexion en controlant le mouvement.

Cela aura pour effet de
- Mobiliser les plans de glissement entre le droit fémoral, le vaste latéral et le TFL en externe, et entre le DF, le vaste médial et le sartorius en interne.
- Mobiliser le fascia profond entre le droit fémoral et le vaste intermédiaire et ainsi libérer les ramifications du nerf crural contenues dans celui-ci.
- Provoquer un étirement intrinsèque spécifique du corps musculaire du droit fémoral, notamment après claquage en milieu sportif mais aussi de prévenir les lésions musculaires du DF dues aux accolements tissulaires.

La position de départ pourra être modifiée en fonction des tests effectués.

La technique est d une simplicité deconcertante,tout les kinésitherapeutes ont plus ou moins utilisé ces principes dans leur activité quotidienne.

Sa specificité reside notamment dans des tests specifiques de la mobilité inter-musculaire et du diagnostic tissulaire

De là decoule le traitement:
-Quels sont les muscles à traiter?
-En fonction de quel tissu on veux travailler (muscles sous-jascent,adjacents,nerfs,vaisseaux,aponevroses)
-Quelles sont les courses à utiliser (l efficacité et les effets de la techniques variera en fonction de l amplitude choisie)
-A quelle place on va l'inclure dans le protocole therapeutique (apres le crochetage, avant un etirement ou un travail sur les chaines,apres une manipulation...)
De tout ces parametres et du ressenti du praticien lors de l execution de la technique vont resulter l efficacité de la technique

TECHNIQUES ASCOCIEES AU CROCHETAGE
LA TECHNIQUE D'INHIBITION FUSORIALE

Elle concerne les muscles qui ne sont pas accessibles au crochetage de par leur situation anantomique ( poplité, pectiné, sous scapulaire...) Elle intéresse également les éléments musculaires présentant des tensions réflexes perburbant le glissement entre les plans tissulaires.

C'est une technique fonctionnelle qui permet de libérer l'arc réflexe auto-entretenu par un déréglement du fuseau neuro-musculaire qui maintient le muscle en tension.

On place alors le muscle en raccourcissement complet afin de limiter au maximum la tension au sein du FNM.

On effectue un appui manuel sur un point réflexe qui sert surtout de point moniteur pour contrôler la détente musculaire et on rajoute une composante de compression afin d'augmenter encore le relâchement musculaire nécessaire à la réussite de la technique.

On maintient ensuite la position jusqu'à la libération complète du spasme musculaire due à l'équilibre des fibres intra-fusales du motoneurone Gamma puis en replace le sujet passivement en position neutre.

La technique d'inhibition fusoriale présente des similitudes avec la technique de JONES dont elle est inspirée avec toutefois des différences significatives.

* en maintenant la position jusqu'à percevoir le relâchement tissulaire et non pas 90s. . le temps nécessaire à l'inhibition dépend de l'ancienneté de la contracture réflexe et de l'expérience du praticien.

* Ce n'est pas le praticien qui appuie sur le point réflexe mais le contraire. L'opérateur place le point réflexe au contact de son appui manuel et rajoute une composante de compression.

Ces 2 facteurs rendent la technique moins douloureuse et de ce fait favorisent le relâchement musculaire et l'efficacité de la technique.

*la technique d inhibition fusoriale n utilise pas le reflexe cutaneo-visceral contairement a la technique de JONES ou de CHAPMAN et le point reflexe se situe toujours en regard du muscle concerné

EXEMPLE : TECHNIQUE D'INHIBITION FUSORIALE DE L'ELEVATEUR DE LA SCAPULA

L'élévateur de la scapula est un muscle souvent sensible et délicat à traiter. Si l'on peut crocheter sa partie proximale, sa partie distale, la plus algique est recouverte par la partie supérieure du trapèze. L'efficacité du ponçage est de ce fait limitée par l'interposition musculaire, et la technique est souvent douloureuse et mal ressentie.

Sujet en procubitus, la tête tournée vers le muscle à traiter en soulevant légèrement le moignon de l'épaule, le praticien place son pouce sous le trapèze supérieur en direction de l'angle supérieur de l'omoplate.

L'opérateur ramène ensuite passivement le moignon de l'épaule vers son pouce, de telle sorte que ce soit l'élévateur de la scapula qui vienne au contact du doigt et non le contraire, ce qui rend la technique beaucoup plus confortable. Il maintient le muscle en position raccourcie jusqu'à la libération du spasme puis replace passivement le sujet en position neutre.

Cette technique comporte de nombreuses interactions dans les scapulalgies, périarthrites scapulo-humérales, dorsalgies, hypercyphoses, etc. Elle est surtout très confortable pour le patient et libère la trophicité dans le muscle pertubé par le spasme réflexe.

La technique d'inhibition fusoriale s'utilise avant de pratiquer le crochetage. Le praticien pourra l'employer également à chaque fois qu'il aura diagnostiqué un spasme réflexe lors de son bilan palpatoire.

Comme toutes les techniques fonctionnelles, elle comporte peu de contre-indications. Elle est simple à réaliser mais l'inhibition du spasme dépend de la précision du geste thérapeutique et de l'écoute tissulaire.


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