LE TRAITEMENT DE L’EPICONDYLALGIE PAR LE CROCHETAGE


L’épicondylalgie est une pathologie délicate à traiter pour le praticien en thérapies manuelles. Après un rééquilibrage global ostéopatique (CCD, 4ème cote…) ou énergétique (méridien du gros intestin…), ses moyens d’intervention restent limités localement (massage, Cyriax…).

Le crochetage apporte des solutions logiques et efficaces en LIBERANT LES ACCOLLEMENTS des différents plans inter-musculaires que l’épaisseur des doigts ne permet pas à la main d’aborder.

Le traitement s’effectue à l’aide de crochets de differentes courbures qui permettent d’aborder le tissu précisément et en profondeur, grâce à une méthodologie spécifique.

BILAN PALPATOIRE

Le traitement est basé sur la connaissance de l’ANATOMIE PALPATOIRE

Le praticien va repérer chaque muscle de la face postérieure de l’avant bras en commençant son repérage par le cubitus. On retrouve dans l’ordre :

- l’extenseur ulnaire du carpe,
- l’extenseur du Ve doigt,
- le long extenseur des doigts, LED
- le court extenseur radial du carpe, CERC
- le long extenseur radial du carpe, LERC
- le brachio-radial.

On pourra aisément les dissocier par la contraction musculaire spécifique à chaque muscle. On pratiquera par exemple une extension des doigts puis une extension du poignet pour dissocier l’extenseur des doigts, du CERC.


On remarque sur la photo que les muscles de la loge postérieure de l’avant bras ne s’insèrent pas tous au même niveau sur l’épicondyle. Une palpation fine de la zone d’insertion douloureuses va aussi nous donner de précieuses indications sur les muscles en lésion.

On investiguera également la gouttière occipitale externe, entre le brachio-radial et le muscle brachial à la recherche de sensations algiques au niveau du passage du nerf radial dans la coulisse bicipitale externe, juste avant sa séparation en une branche profonde (motrice) et superficielle (sensitive).

Après le repérage, le praticien va essayer d’individualiser les accollements entre les cloisons intermusculaires.

La perception est celle d’un manque de glissement entre les deux muscles concernés associé à une perte de qualité tissulaire et des sensations douloureuses ressenties par le sujet.


Lors du fonctionnement de la main en général, les fixations des cloisons musculaires des épicondyliens vont entraîner des tensions au niveau de leurs insertions responsables de l’épicondylalgie.


TRAITEMENT DE L EPICONDYLALGIE

Le crochetage des épicondyliens reprend les principes de base de la technique :
- abord centripète de la lésion (en direction du coude),
- création d’une vague tissulaire par la main palpatrice le long de la cloison en lésion,
- l’opérateur interpose la spatule du crochet entre les deux muscles à traiter et effectue une traction supplémentaire perpendiculairement à ceux-ci, pour restaurer les glissements inter-tissulaires.



Visualisation du crochetage du long extenseur des doigts par rapport au court extenseur du carpe

visualisation du crochetage du brachio-radial par rapport au brachial pour libérer la neuropathie d’enclavement du nerf radial la gouttière bicipitale externe.

L'épicondylalgie s'avère parfois très douloureuse et invalidante. L'application de la technique peut dans ce cas être sensible mais tout à fait supportable. De plus, le patient apprécie que le thérapeute ait trouvé les zones responsables de la pathologie.

EFFETS DU TRAITEMENT

Le sujet va ressentir une sensation de chaleur après le crochetage attestant du retour de la TROPHICITE
Le crochetage va libérer aussi les FIBROSES et la CONTRACTURE REFLEXE des épycondyliens auto- entretenues par l’accollement entre les cloisons intermusculaires.

En libérant les tensions fasciales continues, la technique équilibre la sympathicotonie locale et favorise aussi le processus anti-inflammatoire et la CICATRISATION.


CONCLUSION

Le crochetage est un traitement de choix dans l’épicondylalgie comme dans les pathologies tissulaires souvent difficiles à traiter comme la pubalgie, la périostite, la PASH, l’aponévrosite plantaire, les tendinopathies achileennes et rotuliennes...

Le résultat sur la douleur est souvent spectaculaire, néanmoins un temps de reconstruction tissulaire est parfois nécessaire dans les cas chroniques.






Lu 32900 fois